Généalogie de José CHAPALAIN


 

 

Retour Bibliographie

 

Les Templiers en Bretagne

 

Et les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem dits Chevaliers de Malte

 

Par Guillotin de Corson

voir

 

Extraits choisis

Préface de Pierre le Goff

« L’armée féodale chrétienne prit Jérusalem en 1099, après de sanglants combats. Les chevaliers breton, dit-on, auraient été les premiers à prendre pied sur les remparts de la Ville Sainte et, en récompense de leur bravoure, le Pape leur aurait remis le drapeau blanc à croix noire (kroaz du) qui demeura l’emblème militaire des Bretons, jusqu’à la fin de leur indépendance au XVIème siècle….

L’Ordre du Temple est créé en 1199, après celui des Hospitaliers du Saint-Sépulcre en 1101, celui de Saint-Jacques de l’Epée (1119) et enfin le puissant Ordre des Chevaliers Teutoniques en 1189. Ces ordres de moines-chevaliers ont un modèle identique, les règles de l’Ordre de Citeaux (les Cisterciens) créé en 1098….

La nécessité de créer des Ordres religieux militaires est due à la situation des quatre royaumes chrétiens de Terre Sainte entourés de peuples musulmans hostiles …

Hugues de Payns, le créateur de l’Ordre du Temple, est à Nantes, capitale de la Bretagne, dès 1127 afin d’y recevoir des dons pour les Templiers….

La première trace écrite des Templiers en Bretagne date de 1130….

Le duc Conan III, fils d’Alain Fergent, soutient cette politique par une charte datée de 1141…

Le duc Conan IV confirmera par la charte de 1160 les droits de l’Ordre. A cette date les Templiers détiennent déjà une soixantaine de possessions en Bretagne….  Au XIIIème siècle, les ducs bretons multiplient les privilèges du Temple…. En 1217, Mauclerc confirme les donations précédentes… il leur reconnait également des droits à Châteaulin …..   Une centaine de localités semblent concernées à cette période par les biens fonciers et autres de l’Ordre, qui ne paie pour ceux-ci presque pas d’impôts, ni au duc ni aux seigneurs de ces localités…

Les moine-chevaliers diversifient leurs activités économiques et font de leur ordre un véritable système économique à l’échelle de toute l’Europe…. Ils sont très présents dans les ports bretons où ils ouvrent des boutiques « hors-taxes »…

Comme en Terre-Sainte, les Templiers gardent et transportent les fonds, assurent la sécurité des routes et des grand chemins, favorisant ainsi le commerce.

L’Ordre des Templiers devient donc progressivement une puissante organisation internationale tant en Europe qu’au Moyen-Orient, exclusivement au service de la Papauté…

Tout ceci est codifié par de nombreuses bulles papales, des chartes, des privilèges dans tous les pays…..

L’Ordre est constitué de quatre types de membres : tout d’abord les chevaliers, revêtus du manteau blanc à croix rouge.

Ensuite, les chapelains, les sergents et écuyers en manteaux de bure noirs ou bruns et enfin les domestiques et artisans en civil. Les femmes n’y sont pas admises…

A la tête de l’Ordre est placé le grand maître, c’est une autorité souveraine mais non absolue. Il est secondé par un chapitre, assemblée délibératrice constituée de douze frères chevaliers et d’un chapelain, on y élit les commandeurs des provinces templières. Le second personnage de l’Ordre est le sénéchal qui est  l’adjoint du grand maître, il participe à tous les chapitres. Le troisième dirigeant est  le maréchal, autorité militaire suprême, qui commande directement les maréchaux provinciaux. L’un des plus importants dignitaires de l’ordre était le commandant (provincial) du royaume de Jérusalem : il était le trésorier des Templiers, commandait la flotte, dirigeait le port d’Acre et organisait les échanges entre le Moyen-Orient et l’Europe…

La Bretagne ne constituait pas une province templière, elle dépendait de celle du Poitou…

La plupart des grands maîtres de l’Ordre furent des  Français…

Tous les chevaliers avaient le même aspect, du grand maître au plus humble des sergents : ils avaient le crane rasé et la barbe hirsute. L’Ordre du Temple représente une force de frappe de 15000 hommes extrêmement disciplinés et combatifs, peut être la fleur de la chevalerie. Si l’on compte un sergent et un écuyer servant chaque chevalier, ce qui était habituel au XIIème siècle, c’est en tout une armée de plus de 40 000 hommes qu’il faut recruter, former, armer, transporter et soigner…..

Sur un autre plan, les Templiers furent la première unité de combat depuis l’antiquité à porter tous le même uniforme : le manteau blanc et la croix rouge portée sur l’épaule gauche. Et cela quel que soit l’origine familiale et les titres de noblesse du chevalier dans la hiérarchie féodale. Le port de la croix rouge leur fut accordé seulement en 1147 par le pape Eugène III. La couleur blanche du manteau exprime la pureté et la pauvreté, le rouge de la croix symbolisait le sang versé pour le Christ. Les chevaliers recevaient ce manteau le jour de leur réception dans l’Ordre et il leur servait également de linceul….

Les chevaliers prononçaient quatre vœux (silence, chasteté, pauvreté, obéissance  au moment de leur admission)….

Sur le plan militaire, les Templiers étaient groupés en escadrons de cavalerie dirigés par des commandeurs placés sous les ordres du maréchal du Temple, lui-même sous l’autorité directe du grand maître….

Chaque chevalier disposait de quatre montures, son sergent en avait deux et l’écuyer une seule. Soit pour un chevalier, sept destriers (chevaux de combat). C’est l’écuyer qui s’occupait des bêtes tandis que le sergent entretenait armes et armures tout en combattant en deuxième ligne…

Le renouvellement de cette cavalerie de 15 000 lances nécessitait l’utilisation de plus de 100 000  chevaux en permanence…. Certes, une partie de ces chevaux, des chevaux arabes, étaient acquis sur place, mais les lourds destriers, porteurs  de cuirasses et de chevaliers en armures, proches de nos chevaux de labour, devaient venir d’Europe. Ils résistaient mal aux températures élevées de l’été en Terre Sainte. Les Templiers bénéficiaient aussi au combat de l’aide d’une cavalerie légère constituée de Chrétien locaux, arabes d’origine ou nés en Palestine, qu’ils surnommaient les Poulains.

La Bretagne jouait un rôle important dans de nombreux domaines. La fourniture de destriers aux Templiers constituait un débouché commercial, car les paysans avaient développé un riche élevage pour les croisades.

L’organisation des transports maritimes était un secteur clef de l’économie templière…. L’Ordre sous-traitait avec Venise de très nombreux voyages ce qui fit, entre autre, la fortune de ce port. Les ports bretons participaient à ce commerce par les ports de Nantes, l’Ile-aux-Moines sur la côte sud et au nord par Pléboulle (Port-à-la-Duc) dans la baie de la Fresnaye protégé par le Fort-La-Latte.

A Pléboulle se situe l’une des principales commanderies de Bretagne avec celle de La Guerche, Carentoir et Nantes. Les autres commanderies bretonnes, comme ailleurs, se situaient le long des anciennes routes romaines et des chemins de pèlerinage de Compostelle……

La commanderie est l’unité de base de l’organisation templière….

Chaque commanderie peut être aussi bien une ferme, une simple grange, un moulin, un commerce, qu’un château. Elle constitue à la fois un couvent dirigé par un précepteur (qui impose la règle, véritable code de discipline), une exploitation agricole de type seigneurial et surtout le centre d’un réseau de relations et d’échanges religieux, militaires et économiques. Enfin, les commanderies constituent des refuges inviolables pour les personnes et pour les biens. Elles jouent également le rôle de banques agricoles pour les paysans non contre le paiement d’intérêts, car cette activité d’usure est interdite par l’Eglise….

Au niveau de la direction de l’Ordre, les Templiers accordent des prêts aux rois et aux princes….

Il est certain que la fortune de l’Ordre  était immense, au moins selon les critères de l’époque….

Les Templiers utilisèrent un alphabet secret pour leurs transactions financières, d’où la difficulté à proposer une évaluation de la fortune de l’Ordre….

Les seigneurs bretons avaient aussi des dettes vis-à-vis des Templiers ….

L’ensemble des profits réalisés était immédiatement investi en Europe en denrée, en matériel et en chevaux….

L’or métallique circulait très exceptionnellement. Durant tout le Moyen Age, les espèces métalliques étaient rares. EN 1306, le dernier grand maitre, Jacques de Molay, est appelé en Europe par le pape Clément V. Il est escorté de soixante chevaliers templiers vétérans qui veillent sur 150 000 florins en sûreté dans plusieurs huches. Le sceau de l’Ordre, à cette date, est toujours une signature financière majeure offrant une garantie exceptionnelle. Les gains templiers, sur le plan  financier, étaient le plus souvent des frais de garde et de transport de valeurs, frais de courtage, commissions, hypothèques, etc …

Malgré la puissance des ordres monastiques militaires, les royaumes de Terre Sainte ne purent résister à a poussée des Musulmans. Le 5 avril 1291, le sultan d’Egypte s’empara, avec une armée de 160 000 soldats, de Saint Jean d’Acre, dernière possession chrétienne en orient, défendue par 10 000 chevaliers….

Sept croisades successives en Orient, de 1096 à 1270, n’avaient donc pas réussi à y établir durablement des royaumes chrétiens…..

Comment expliquer la défaite des armées chrétiennes en Orient ? Sinon par des péchés de ceux qui étaient chargés de défendre Jérusalem…..

Quant à extirper les péchés des organisations militaires chrétiennes, c’était l’affaire de l’inquisition fondée par Grégoire IX en 1231. Celle-ci, véritable police théologique, soupçonnait les Templiers, dont la mission disparaissait avec la défaite, de ne pas être des Chrétiens sans tâches. IL semble bien que les moines-chevaliers servirent de boucs émissaires aux défaites chrétiennes en Orient, d’autant que Rois et princes étaient jaloux de leurs richesse et de leurs pouvoirs ! A cette époque, il n’existait pas de procès équitable et les aveux étaient extorqués par la torture. Celle-ci fut autorisée par le pape Innocent IV en 1253 pour extirper l’hérésie….

Le 13 octobre 1307, tous les Templiers français furent arrêtés par les archers du Roi, incarcérés et mis au secret. En 1311, Clément V ordonna à l’inquisition d’appliquer la torture aux Templiers car ceux-ci nient les crimes dont on les accuse. Les autres Ordres, notamment le Hospitaliers, n’intervinrent  pas  pour les défendre.

En Bretagne, le Roi Philippe le Bel (1268-1314) envoya deux commissaires, Pierre de Bailleux et Jean Robert, chargés d’exécuter les mesures édictées par le pape contre les Templiers…

Quand les commissaires royaux arrivèrent à Nantes, le 10 août 1308, pour s’emparer des biens templiers, les Nantais se soulevèrent et chassèrent les envoyés royaux. Les émeutiers déclarèrent que les biens du Temple, en Bretagne, n’appartiennent pas au Roi mais au Duc de Bretagne ! ….. L’accusation du roi Philippe le Bel contre les moines-chevaliers reçut l’appui de 26 princes qui donnèrent procuration pour agir contre eux, entre autres les Ducs de Bretagne et de Bourgogne et le Comte de Flandre.

Le concile de Vienne en 1312 prononça la dissolution définitive de l’Ordre en ne donnant leurs biens ni au Roi ni aux Ducs mais à l’Ordre des chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. De ce fait en Bretagne, les biens des Hospitaliers furent multipliés par trois.

Jacques de Molay, le dernier grand maître du Temple, périt sur le bucher le 13 mars 1314 tandis que la même année 54 chevaliers étaient suppliciés.

Les Rois avaient ainsi éliminés une importante force politique et militaire qui s’opposait à leur volonté d’expansion….

L’ordre des Hospitaliers disparut dans les tourmentes révolutionnaire de 1789….

 

Les Ordres du Temple et de l’Hôpital en Bretagne

 

« Il est vraisemblable que le Temple de Quimper fut fondé  vers 1141 ; en 1232 les Franciscains, dit-on, remplacèrent en cette ville les chevaliers dans la maison qu’occupaient ceux-ci…..

Riches et pauvres, tous donnaient aux Templiers. Auprès des aumônes considérables des ducs et des grands seigneurs de Bretagne, on remarque des dons moins importants des simples chevaliers et de leurs écuyers, des bourgeois et des gens du peuple…

Ces dons consistaient en champs, en vignes et en maisons, souvent aussi en rentes féodales…

L’Ordre du Temple….. eut bientôt quelques propriétés plus ou moins considérable dans un très grand nombre de paroisses bretonnes…

La charte de 1182 : tableau des possessions de l’Ordre du Temple en Bretagne (zoom sur le Finistère)

Kercadio, en la commune de Penhars (Finistère), (Penhars fait désormais partie de Quimper)

Ploujean, commune du Finistère

Moëlan, commune du Finistère

Pleyben, chef lieu de canton (Finistère)

Saint-Evarzec, commune du Finistère

Tourc’h, commune du Finistère

La Bouëxière, en la commune de Scaer (Finistère)

Trévalot en la commune de Scaer (Finistère)

…..

D’après cette intéressante charte, l’on voit que les Templiers possédaient des biens dans près d’une centaine de localités bretonnes….

En Pléboulle, ou ils se bâtirent une tour fortifiée près de la voie gallo-romaine d’Aleth à Carhaix.

Cette tour est au reste la seule forteresse que nous connaissons en Bretagne, construite par les Templiers. Partout ailleurs à Nantes, à la Guerche, à Clisson, à Carentoir, à Quimper, ils semblent n’avoir élevé que de simples manoirs..

Le concile de Vienne, en prononçant en 1312 la dissolution définitive de l’Ordre du Temple, avait donné tous les biens de cet institut aux chevaliers hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. Cette décision fit loi en Bretagne…..

Les Hospitaliers reçurent de bonne heure en Bretagne des aumônes qui leur permirent d’y créer des hôpitaux… Ainsi leurs premiers établissements dans notre province semblent avoir été les Hôpitaux Saint-Jean à Nantes et à Quimper, et l’Hôpital de la Feuillée dans le désert de la montagne d’Arrée, au bord de la voie gallo-romaine de Carhaix à Plougerneau…

Charte attribuée à Conan IV, duc de Bretagne. Elle est ordinairement datée de 1160, mais quelques copies portent la date de 1170….

Cette charte contient l’énumération d’une soixantaine d’établissements bretons appartenant à l’Ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem (zoom sur le Finistère)

La Feuillée, commune du Finistère

Banalan, en la commune de Plouguin (Finistère)

Plonévez-du-Faou, commune du Finistère

Briec, commune du Finistère

Penhars, commune du Finistère

Plonéis, commune du Finistère

Ergué-Gabéric, commune du Finistère

Cuzon, en la commune de Kerfeunteun (fait partie de Quimper)

Mahalon, commune du Finistère

Beuzec-Cap-Sizun, commune du Finistère

Quimper, chef lieu du département du Finistère

Pontmen, en la commune de Riec (Finistère)

Moëlan, commune du Finistère

Commana, commune du Finistère

…. »