Généalogie de José CHAPALAIN


 

 

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Le maître de Guengat

de Pierrick Chuto

livre à compte d'auteur de Pierrick Chuto très bien documenté et agréable à lire , on imagine le travail de recherches qu'il a été nécessaire de réaliser

le site du livre avec le lien pour l'acheter, je vous le recommande vivement

 

Le télégramme :

http://www.letelegramme.com/local/finistere-sud/quimper/ville/le-maitre-de-guengat-enquete-sur-un-potentat-local-23-02-2010-796347.php

Quimper ville

«Le maître de Guengat». Enquête sur un potentat local

23 février 2010

Pierrick Chuto, généalogiste et historien amateur, vient d'éditer le fruit de ses recherches sur un personnage étonnant qui a marqué Guengat au XIXesiècle: son ancêtre!

«Je me suis toujours senti rural et j'ai un caractère bien trempé. C'est peut-être là que je me retrouve dans mon ancêtre». Nul ne contredira Pierrick Chuto qui fut président des commerçants de Pont-l'Abbé de 1988 à 2001, sur son caractère. L'homme avait l'art de dire ce qu'il pensait. À la retraite depuis juin2008, il a pris le temps de mettre en forme la somme d'informations accumulées sur un ancêtre. L'histoire n'est pas banale.

Une surprise totale

«Il y a cinq ans, je me suis intéressé à la généalogie, raconte Pierrick Chuto. Mon père ne m'avait jamais rien dit de la famille. Je savais tout juste que j'avais eu un ancêtre boulanger à Quimper». Une méconnaissance propice aux fantaisies. «Avec le nom de Chuto, on imaginait une origine espagnole ou italienne». Pierrick Chuto se plonge donc dans l'histoire locale, devient un lecteur assidu des archives départementales. «Ce fut une surprise totale», dit-il. Il découvre l'existence d'Auguste Chuto, maire de Guengat de 1846 à 1871, personnage hors du commun.

Maire pendant 25 ans

Le chercheur remonte l'histoire familiale des Chutaux (*), issus du pays de Fougères, dont un ancêtre arriva à Quimper en 1793 fuyant la répression révolutionnaire. La famille se retrouva ensuite à Guengat, où le fils du chouan, Auguste Chuto, va faire valoir ses ambitions grâce à deux beaux mariages. Il va prospérer comme paysan, sans s'encombrer de scrupules. Il est nommé maire en 1846 sous la Monarchie du juillet puis élu par le conseil municipal en 1848 sous la Seconde République avant d'être à nouveau nommé par le préfet à partir de 1851 sous le Second Empire. Ce n'est qu'en 1871 quand le maire est à nouveau élu par le conseil municipal qu'Auguste Chuto perd son poste.

«Empêcheur de tourner en rond»

«Malheur à ceux qui s'opposent à lui, qu'ils soient recteurs, instituteurs ou adversaires politiques, explique Pierrick Chuto. Jusqu'à ses derniers instants, il est l'empêcheur de tourner en rond et se considère comme le maître de Guengat». «Il est devenu l'homme le plus riche de la commune, continue son lointain descendant. Je n'ai pas eu de sympathie pour lui». Politiquement, Auguste Chuto était républicain, une position qui allait à l'encontre de celle des habitants du bourg, mais qu'il a sans doute su atténuer pour être renommé maire régulièrement. N'a-t-il pas, au final, repris la place du noble en rachetant le manoir de la prestigieuse famille Saint-Alouarn?

«Petit seigneur laïc»

Auguste Chuto est aussi ouvert aux nouvelles techniques agricoles quand autour de lui beaucoup se contentent des pratiques traditionnelles. «Le maître de Guengat est l'archétype, au-delà de cette commune, de tous ces petits seigneurs laïcs locaux, qui ont tenu sous leur férule les citoyens de Basse-Bretagne, faisant passer leur intérêt personnel avant celui de la collectivité», commente Jean-François Pellan, présidente du Centre Généalogique du Finistère dans une préface. Avec un art de la mise en scène qui facilite la lecture tout en respectant les faits, Pierrick Chuto raconte sans complaisance un quotidien villageois difficile. Difficile donc de juger le «maître de Guengat». Yvon Dagorn, maire actuel, avoue qu'il lui inspire de la sympathie. «Je le qualifierais de libre penseur, attitude exigeant beaucoup de détermination et de courage sous l'Empire», écrit-il.

(*) Le nom de famille vient du diminutif Michouteau de Michel. Le mi a sauté. L'orthographe a ensuite varié au fil des inspirations et des connaissances des scribes: Chuteau, Chutault, Chutaux, Chuto. Ce dernier nom est répandu dans le Finistère, d'autres formes existant en Haute-Bretagne et Normandie.

 

Ouest France :

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Pierrick-Chuto-signe-Le-maitre-de-Guengat-_-1273586------29232-aud_actu.Htm

Quimper

Pierrick Chuto signe Le maître de Guengat

mardi 23 février 2010

Un gros travail de recherche sur la vie communale de Guengat au XlXe siècle : c'est ce que vient de réaliser l'auteur pour parler de son ancêtre, Auguste, maire et maître de Guengat.

Quand on met le doigt dans l'engrenage généalogique, on risque de se faire happer. C'est ce qui vient d'arriver à Pierrick Chuto, commerçant pont-l'abbiste à la retraite et qui fut président des commerçants durant 13 ans. Sur les traces de ses ancêtres, il a rencontré Pierre Auguste Marie Chuto, « fils légitime de Nicolas Michel Chuto et de Marie Noëlle Le Roux », boulangers rue Saint- Catherine à Quimper, né le 4 novembre 1808. Un personnage, un esprit fort et rétif bourré d'ambition qui va passionner Pierrick Chuto.

 

La fille de Saint-Alouarn

« C'était un empêcheur de tourner en rond » (certains auraient un autre mot) explique-t-il en parlant de celui qui fut plus tard maire de Guengat durant 25 ans.

Curieusement, Pierrick Chuto ne semble pas avoir beaucoup de sympathie pour son ancêtre, petit Rastignac de campagne. A Guengat où il s'installe comme propriétaire-cultivateur, il n'est guère apprécié. C'est un dur, quelqu'un qui n'aime pas que l'on s'oppose à lui. Et il a un avantage sur beaucoup d'habitants de cette commune rurale : il parle le français et le breton et sait lire et écrire.

Après s'être marié avec la fille le Louis Friant, propriétaire du manoir de Saint-Alouarn (l'affaire s'est discutée entre les deux hommes sans l'avis de Marie Catherine, la future épouse), Auguste Chuto pense sérieusement à la mairie en 1840 et tente tout d'abord d'être conseiller municipal.

Il annule deux fois les élections

Mais comme on ne l'aime pas, il se prend une veste. Qu'à cela ne tienne, il fait annuler les élections par le préfet. « Aucun électeur n'a été admis à prêter le serment prescrit avant de voter », a-t-il averti. Aux élections qui suivent, Auguste Chuto se prend une deuxième déculottée.

Il réussira quand même à faire dissoudre le conseil par le secrétaire d'État à l'Intérieur. Il finira par devenir devenir maire de Guengat en octobre 1846 tout en devenant, au fil des années, le plus grand propriétaire terrien de la commune autour du manoir de Saint-Alouarn. « Il chassait, il pêchait, ne faisait rien que défendre ses intérêts... »

« Ça aurait pu se passer ailleurs »

En 365 pages extrêmement détaillées, fondées sur une vaste recherche aux archives, Pierrick Chuto nous fournit un témoignage complet de la vie d'une commune rurale au XIXe. Avec ses beuveries, ses bagarres (le curé de Guengat passera au tribunal) et ses misères. « Ce qui est raconté dans ce livre s'est passé dans d'autres bourgs de Basse-Bretagne ou d'ailleurs ». Un livre où rien n'est inventé. « Je me suis contenté de mettre en situation tous les faits et actes retrouvés dans les archives » résume l'auteur pour parler de « l'emprise d'un maire en basse Bretagne au XIXe siècle » comme le dit le sous-titre du livre intitulé « Le maître de Guengat » et aussi « Mestr Gwengad » comme on devait l'appeler dans la commune.