Généalogie de José CHAPALAIN


 

 

Retour professions diverses

 

 

Extrait du Bulletin de la Société Archéologique du Finistère de l’année 2005

Les rébellions du rivage (XVI ème- XVIII ème siècle)

Extraits de l’Article de Pierre Martin

 

«  Les droits maritimes, propriété des seigneurs et parfois du roi,, dans le cadre de la mise en place des amirautés, ne tardèrent pas à être pointés du doigt par une population de plus en plus contestataire vis-à-vis de cette féodalité du rivage …..

Les droits maritimes et les taxes que les pêcheurs  et usagers des littoraux doivent payer sont nombreux et vécus comme une injustice. Seigneurs et fermiers s’arrogent le droit de prendre quelques libertés, face à une jurisprudence flottante et bien souvent orpheline, en exigeant toujours plus. Souhaitant rentabiliser leurs investissements au maximum, certains fermiers seigneuriaux n’hésite pas  à faire preuve de plus grand zèle et harcèlent les populations……

Le statut de fermier seigneurial est vécu comme une promotion sociale qui suscite un changement de comportement de la part de certains individus….

C’est en particulier sur les quais des ports que les fermiers se montrent les plus tatillons. Les droits péagers sont de facto réglementés par des pancartes qui doivent être visiblement exposées. Des fermiers, malintentionnés, les dissimulent  pour spolier quelques marchands étrangers…..

Certains fermiers usent du pouvoir qui leur est confié pour tyranniser les populations locales qui doivent payer les droits maritimes. Tentant de tirer le maximum de profits de leur ferme, ils n’hésitent pas à faire preuve de mauvaise foi. Tentant de berner et de tromper les plus faibles, tous les stratagèmes  sont mis à profit. Osant même s’attaquer aux privilèges dont jouissent certaines villes, ils n’hésitent pas à trainer des communautés professionnelles devant les tribunaux. Si les fermiers des droits de port et havres sont régulièrement contestés, les passeurs ne demeurent pas en reste. Cumulant les retards et un service de la plus grande médiocrité, ils laissent choir des marchands dont l’unique souci  est d’arriver à temps pour les grandes foires. Si les retards sont d’une grande banalité, les barges souffrent d’un mauvais entretien. Quelques uns surchargent  leurs embarcations  pour rentabiliser leurs courses. Les risques encourus sont alors exponentiels. D’autres, tout aussi malhonnêtes, n’hésitent à faire augmenter les prix à leur guise. Ils prennent toutes ces libertés sans en informer leur bailleur. Ils agissent comme de petits potentats locaux et considèrent ces droits comme un moyen de faire du profit sur le dos d’une population qui a bien souvent besoin de leurs services …….

Les archives ont conservées quelques traces de mouvement de grève et de refus de payer certains droits maritimes dans la  première moitié du XVI ème siècle en Cornouaille. Ces séditions concernent les droits de sécheries et de pêcheries qui se percevaient du pays de l’Aven au Cap-Sizun perçus par les régisseurs du duché de Penthiève, par le baron du Pont et par le seigneur de Pont Croix consistaient en diverses taxes sur les embarcations et les équipages qui se livraient à la traque du congre et du merlu…..Cette sédition va toucher une grande partie des paroisses et des ports assujettis à ces devoirs….. Ce droit devait être réglé en argent aux fermiers…..

Le seigneur de Rohan possédait des droits de pêcheries à Plouhinec ? Ces droits furent perçus sans encombre jusqu’au milieu du XV ème siècle. Le 22 septembre 1542, un arrêt de la cour condamna les habitants de Plouhinec à payer ce devoir au duc de Rohan…. Cette mutinerie perdura  jusqu’en 1546. Le 1er octobre 1545, un arrêt du parlement de Bretagne obligea les paroissiens de Plouhinec à payer ce droit, mais il n’eut pas l’effet escompté. Cette affaire trouva son épilogue le 18 juillet 1546, lorsque les pêcheurs de cette paroisse furent condamnés par une sentence rendue à Quimper…

En 1553, alors que les pêcheurs n’avaient toujours rien payé, certains nobles de la région vinrent leur prêter main forte en plaidant leur cause auprès du duc d’Etampes. Le marquis de Rosmadec  envoya une missive au seigneur duc d’Etampes pour lui mander de ne pas être trop sévère avec les pêcheurs entrés  en rébellion. …

Le 16 mai 1625, une nouvelle pancarte est rédigée à l’attention des pêcheurs en sédition. Il y est clairement dit que les contrevenants risquent la confiscation de leur bateau de pêche, de leur poisson et auront une amende…..  Le 21 mai 1625, un mémoire mentionnant les débiteurs de ces droits est rédigé…

Des mouvements, pouvant aller jusqu’à la violence, contestèrent l’existence juridique  des droits maritimes et provoquèrent un véritable acharnement contre les représentants directs de l’autorité des seigneurs : les fermiers……